La manifestation annuelle « Capitale européenne de la culture » a été organisée pour la première fois à Athènes en 1985 sous l’impulsion de Melina Mercouri, alors ministre grecque de la Culture.
L’idée est de sensibiliser les européens à leur culture et à leur patrimoine historique en désignant une ou deux villes qui seront, chaque année, le théâtre de manifestations artistiques. Réservée aux villes européennes, cette manifestation rencontre depuis lors un succès sans précédent qui encourage de nombreuses cités à poser leur candidature et à se disputer le titre avec ferveur.
En 2010, se sont Essen en Allemagne, Pécs en Hongrie et Istanbul en Turquie qui ont décroché le titre tant convoité. Des manifestations culturelles s’y dérouleront tout au long de l’année, permettant ainsi d’attirer non seulement les touristes mais aussi de dévoiler à ses habitants, au détour d’une exposition ou d’un concert, un aspect méconnu de leur ville.
Cette manifestation, très prisée, contribue au développement de la culture et du tourisme de la ville qui l’accueille et a toujours été bien relayée par les médias qui en font un des évènements majeurs de l’actualité culturelle européenne. Tant et si bien que des critères de sélection ont été mis en place par le Parlement européen et le Conseil européen. Le mode de sélection en vigueur consiste normalement à élire une ville parmi les nouveaux États membres de l’Union européenne et l’autre ville parmi les anciens.
Les villes candidates sont dans l’obligation de préparer un programme culturel remplissant des critères précis ayant trait à la dimension européenne de la manifestation et à la participation de ses citoyens. La coopération entre les artistes et les opérateurs culturels de différents pays ajoute à la dimension européenne qui s’illustre à travers plusieurs thèmes retenus. Le programme, quant à lui, doit s’inscrire dans le temps et doit contribuer au développement culturel, économique et social à long terme de la ville.
Le site initial de la ville a été, sur la route maritime conduisant vers la mer Noire, celui d'une colonie grecque, Byzance, fondée par les Mégariens en 658 ou 657 av. J.-C. sur une pointe rocheuse à l'extrémité du plateau de Thrace, entre la Marmara et la ria de la Corne d'Or. L'époque romaine, en révélant la valeur stratégique de la situation --- contrôlant le passage terrestre d'Europe en Asie et à la limite des zones de climat méditerranéen et tempéré ---, incita Constantin à y établir en 324 la capitale de l'Empire, sur une superficie beaucoup accrue, encore presque doublée par Théodose II en 413. Au Moyen Âge se développe sur la rive nord de la Corne d'Or la colonie génoise de Galata, puis, après la prise de la ville par les Turcs (1453), une ville « européenne » (Péra, en turc Beyoglu) d'ambassades et de marchands qui groupe des populations chrétiennes (Grecs et Arméniens), les colonies étrangères et, bientôt, vers la fin de l'Empire ottoman, des fractions de plus en plus importantes de la population turque, dont la majorité demeurait cependant au sud de la Corne d'Or, dans la ville officielle ottomane embellie de palais et de monuments religieux grandioses. Des faubourgs importants existent sur la rive d'Asie (Scutari, en turc Üsküdar), et des agglomérations satellites s'échelonnent tout le long du Bosphore. Le caractère polynucléaire persistant de l'agglomération se marque notamment dans la multiplicité des centres commerciaux et d'affaires. Ayant perdu son rôle de capitale après la Première Guerre mondiale au profit d'Ankara, Istanbul, abandonnée de la plupart de ses colonies étrangères, déclina quelque temps, mais a repris un développement aujourd'hui rapide, avec un rayon d'attraction qui s'exerce sur la population rurale de toute l'Anatolie. Elle est musulmane à plus de 95 %, alors que chrétiens et juifs y étaient majoritaires à la fin du XIXe siècle. Elle reste la métropole économique du pays, avec des industries très variées , et constitue toujours un notable port d'importation, une capitale intellectuelle et universitaire, ainsi qu'un grand centre touristique (importants musées archéologiques : musées de l'ancien Orient et musée des Antiquités grecques, romaines et byzantines).
Succédant à Constantinople, Istanbul devient à la fois turque et musulmane en 1453. Les Ottomans en font la capitale de leur vaste Empire. Ils affirment le triomphe de l'islam (transformation de la basilique Sainte-Sophie en mosquée) et organisent la vie de leurs vassaux grecs, notamment en nommant un patriarche orthodoxe. Mehmed II permet aux Génois de demeurer à Galata et autorise les Vénitiens à s'installer dans la ville (1454). Après la nomination d'un patriarche arménien (1461), la situation des chrétiens se trouve, à peu de chose près, fixée pour plusieurs siècles. Soucieux de repeupler la ville, Mehmed II y ordonne l'installation de familles chrétiennes, juives et musulmanes déportées d'Anatolie et de Roumélie. Au fur et à mesure de l'établissement des populations musulmanes, les églises sont transformées en mosquées, et la cité prend un caractère turc plus marqué. La communauté juive accueille des immigrants d'Espagne et d'Italie, ainsi que des marranes, auxquels le Sultan accorde sa protection en 1552. Alors que la population de Constantinople est estimée à 60 000 habitants en 1453, elle s'élève, dès le milieu du XVIe siècle, à 600 000 âmes environ et atteint le million à la fin du XIXe s., tout en conservant un caractère cosmopolite. Tant que l'Empire est en expansion, les richesses s'accumulent dans la ville, qui connaît son apogée à l'époque de Soliman le Magnifique (1520-1566). La vie de la cité est troublée par les incendies, les épidémies et les séismes. Les grandes réformes du XIXe siècle s'accompagnent du massacre des janissaires (1826), et l'occidentalisation s'accélère après le passage des armées franco-britanniques alliées aux Turcs pour la guerre de Crimée (1854-1856). Occupée par les Alliés de 1918 à 1923, Istanbul cède son rôle de capitale à Ankara en 1923.
Des dizaines de mosquées, des madrasa (Rüstem Pasa, XVIe s.), des bibliothèques, des hôpitaux, des caravansérails (Valide hani, XVIIe s.), des mausolées, des bains (Haseki hamami, 1553), des fontaines (Ahmed III, 1728), des forts (Rumelihisar, 1453) et des palais (Çinili Kösk, XVe s.), tous disposés en fonction du paysage, font d'Istanbul une des plus grandes villes d'art de l'islam. Malgré la diversité des œuvres et la présence de constructions relativement récentes, il règne une très grande unité de style due au classicisme ottoman. Le palais de Topkapi, auquel on travailla du XVe au XIXe s., donne une parfaite illustration de l'évolution artistique. La plus belle mosquée est la Süleymaniye (1550-1557), qui, avec son complexe (külliye), forme à elle seule un quartier de la ville; mais la mosquée Sehzade (1544-1548), comme la précédente œuvre de Sinan, et la mosquée Bleue (Sultan Ahmet, 1609-1616), parmi bien d'autres (Rüstem Pasa camii, Beyazit camii, Eski Valide camii), ne lui cèdent pas volontiers la première place. Topkapi est un splendide musée d'art islamique. Le grand musée des Arts turcs et musulmans est dans une annexe de la Süleymaniye.