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Jean Le Clerc

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Jean Le Clerc
Publié le:21/02/2010

Ambassadeur, peintre vénitien et lorrain.


Jean Le Clerc met son épée au service de la république de Venise et est ambassadeur des ducs de Lorraine, qui lui confèrent la noblesse héréditaire. Mais selon la Société d'histoire et d'archéologie Lorraine, il est surtout un peintre baroque : incontestablement le meilleur peintre d'histoire qu'ait connu la Lorraine. Ses travaux italiens sont des plus remarquables comme on peut le constater par exemple en visitant le Palais des Doges. Le Clerc est aussi étudié comme diffuseur en France du Caravagisme. Il revient à Nancy et peint des ouvrages de sainteté pour les églises de Nancy ou des portraits pour les ducs de Lorraine. Jean Le Clerc est né à Nancy au mois d’août 1586 et meurt le 20 octobre 1633, à Nancy [1].

 

SA FAMILLE

 

Statue de Chrestienne Le Clerc
Statue de Chrestienne Le Clerc
Anguier. Musée du Louvre, Aile Richelieu - Rez-de-chaussée - Section 18a
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Jean est le fils cadet de Claude Leclerc de Pulligny et de Claudon Mengin, fille de Jean, coseigneur de Pulligny, capitaine au service de la France dans les Bandes noires de Piémont. Il naît à Nancy au mois d’août 1586. Son père doit quitter la Lorraine, étant persécuté du fait de ses convictions protestantes, même s’il est le secrétaire de la princesse de Tarente. Toutefois il n’est pas mort en exil, comme il est parfois écrit, mais à nouveau seigneur en partie de Pulligny. En 1598 il est enterré dans l'église de Pulligny, ce qui montre qu’il a abjuré sa foi protestante. Sa mère, Claudon Mengin, lui et ses huit frères et sieurs sont restés dans la religion romaine [2].

Jean Le Clerc naît donc d’une famille noble. Il  est le petit-neveu de Gilles de Trèves, garde des Sceaux et homme de confiance des ducs de Lorraine. Il est également  le neveu de Pierre Leclerc du Vivier, conseiller et surintendant des finances des finances du cardinal Charles de Lorraine (1567-1607) et du duc Philippe-Emmanuel de Lorraine, père entre autres de Chrestienne Le Clerc du Vivier et de la grand-mère maternelle de Marie-Madeleine de Castille, femme de Nicolas Fouquet. En 1585, Pierre Leclerc du Vivier est conseiller, intendant et général des finances du cardinal de Vaudémont et du duc de Mercœur. On voit, d'après ses relations avec Charles III de Lorraine, qu'il est aussi son banquier. Les lettres du duc montrent que pour la dot de Madame la grande duchesse, Christine de Lorraine, qui se marie le 2 mai 1589, Pierre Leclerc du Vivier avance la somme.

Les enfants de nobles sont peu nombreux à embrasser la carrière de peintre ou de graveur, mais c'est aussi le cas de son ami Louis de Bermand, gentilhomme d'une famille très ancienne, qui ne dédaigne pas de se faire peintre. Être un héritier permet de voyager et d'être élève de grands maîtres. Or, les enfants de Claude Le Clerc de Pulligny  héritent d'une part de la seigneurie de Cumières le 30 juin 1598 et cela n'est là qu'une modeste partie de leurs héritages.

 

AU SERVICE DE LA RÉPUBLIQUE DE VENISE

 

Venise et Gênes
Venise et Gênes
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Avant de quitter Nancy, Jean Le Clerc a pu recevoir les leçons ou tout au moins les conseils de Jacques Bellange, revenu d'Italie. Il arrive en Italie avec son frère Alexandre fin 1601 ou au début de l’année 1602. Ils mettent leurs épées au service de la république de Venise dans sa lutte contre les Turcs et suivent la carrière des armes, comme leur grand-père maternel, Jean Mengin, capitaine dans le Piémont. Il semble que Jean et son frère, Alexandre soient très appréciés des Vénitiens, car ils sont faits chevaliers de l’Ordre de Saint-Marc par le sénat vénitien et le doge. Les œuvres de Jean Le Clerc, comme Têtes d’hommes enturbannés ou Saint François-Xavier prêchant, démontrent une bonne connaissance des peuples du Proche-Orient et de leurs costumes. Quand le duc Henri II de Lorraine confère la noblesse héréditaire le 28 mai 1623 aux frères Le Clerc, il rappelle qu’ils ont vécu pratiquant les mœurs étrangères et parcourant les provinces les plus éloignées de nous.

 

UN ÉLÈVE DE CARLO SARACENI

 

Carlo Saraceni Judith et la tête de Holofernes
Carlo Saraceni Judith et la tête de Holofernes
Kunsthistorisches Museum, Gemäldegalerie Wien
© Gothika
wikimedia commons
L’Histoire de Lorraine nous dit que : le plus grand des peintres lorrains de cette époque, le Nancéien Jean Leclerc, dont les gravures inspireront l'art de Georges de la Tour (1593-1652), s'est partagé entre sa ville natale et l'Italie. C'est à Venise qu'il a passé presque toute son existence. Mais, Le Clerc est bientôt surnommé le Pensionante de Saraceni, littéralement le logeur de Saraceni. Carlo Saraceni est un disciple vénitien de Caravage, mais c’est à Rome qu’il s’installe de 1598 à 1619. Là il patronne et enseigne à de nombreux artistes dans son atelier.

Jean Leclerc, Marchand de fruits
Jean Leclerc, Marchand de fruits
Détroit, Institut des Arts
© Jean Le Clerc
Pontormo
Jean Le Clerc ajoute une certaine délicatesse toute vénitienne dans la touche, une recherche d’élégance et un rien de statisme dans la composition. C’est un caravagisme très atténué, même si le luminisme y est d’une absolue fidélité à la leçon du grand maître. Mais une absence de passion qu’elle soit sacrée ou profane dans l’expression le différencie de ses maîtres. Toutes choses qui apparaissent avec la force de l’évidence dans Le marchand de fruits.

Avant d’être le logeur de Carlo Saraceni (1580-1620), plus connu sous le nom de Charles Vénitien en France, Le Clerc est son élève depuis 1603 selon la Société d'histoire et d'archéologie Lorraine et celui de son condisciple Adam Elsheimer (1574-1610). Elsheimer est le plus célèbre des peintres allemands du XVIIe siècle. Les œuvres de l’Italien Saraceni, de l’Allemand Elsheimer et du Français Jean Le Clerc sont assez proches pour certains experts. Il est vrai qu’avant 1610, date du décès d’Adam Elsheimer, ils travaillent très souvent ensemble. Et la mode des habits français est telle que d'après Baglione Carlo Saraceni ne s'habille que comme son élève.

Selon Adriana Augusti, à Venise, Carlo Saraceni et Jean Le Clerc sont considérés comme des peintres caravagesques. Et Jean du fait de son âge semble être encore son élève. Quand il réside à Rome, Via di Ripetta, vers 1610, cela n’est plus du tout le cas. Toujours dans la Société d'histoire et d'archéologie Lorraine, André Félibien laisse entrevoir que l’élève dépasse de loin son maître.

Le Clerc va être classé parmi les peintres baroques, et considéré comme lorrain par les critiques français, et flamand pour les Anglo-saxons. Toutefois, Jean est surnommé le vénitien et les Italiens l’appellent Giovanni di Chere ou Giovanni Le Clerc.

 

UN PEINTRE PRESQUE ITALIEN

 

Jean Le Clerc, Le concert nocturne.
Jean Le Clerc, Le concert nocturne.
Alte Pinakothek, Munich
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
En 1617-18, il peint avec Carlo Saraceni, Le Miracle de Saint-Bernon, pour la paroisse allemande romaine de Santa Maria dell’Anima. Il réalisera par la suite une gravure de cette œuvre.

 

Carlo Saraceni et Jean Le Clerc s'établissent à nouveau à Venise en 1618. En 1619, la première toile connue de Giovanni Le Clerc est une Mort de la Vierge, qu’il réalise toutefois à Rome. Dans ce tableau il peint deux femmes que nous retrouverons dans La mort de la Vierge de Nicolas Poussin (1594-1665), peinte à Paris en 1623.

Le repos en Égypte est une œuvre de cette période, tout comme Le Concert nocturne, où l’artiste reprend la tradition des peintres caravagesques par les jeux de lumières, avec les visages puissamment éclairés. Le Concert nocturne inspirera en 1630 à Georges de La Tour Le paiement des droits et à Le Clerc une nouvelle œuvre en 1628 : Le souper galant.

Le reniement de saint Pierre (galerie Corsini, Florence) est une scène de beuverie qui annonce sa Scène de cabaret. L’ombre s’oppose à la lumière, comme dans son Concert.

Jean Le Clerc, Le Doge Enrico Dandolo (1123-1205) et les capitaines de la Croisade prêtant serment.
Jean Le Clerc, Le Doge Enrico Dandolo (1123-1205) et les capitaines de la Croisade prêtant serment.
Salle du Grand Conseil du Palais des Doges.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Le naufrage de la villa Contarini à Piazzola sul Brenta est parfois attribué à Carlo Saraceni. Ses personnages captifs en costumes orientaux, sont certainement des souvenirs de voyages et de combats au Moyen-Orient de Le Clerc. Néanmoins le Dictionnaire du XVIIe siècle de François Bluche pense qu'il ne fait que terminer l'œuvre et la signer.

Saraceni et Le Clerc sont les maîtres du peintre vénitien Gasparo Della Vecchia,  père de Pietro della Vecchia (1603-1678),

Carlo Saraceni décède à la fin de novembre 1619. Ils avaient commencé de peindre ensemble une vaste composition : Le Doge Enrico Dandolo (1123-1205) et les capitaines de la Croisade prêtant serment, sur le thème de la croisade, dans la Salle du Grand Conseil du Palais des Doges. Un critique d'art lorrain écrira : une toile magnifique, une œuvre véritablement saisissante et qui reflète la manière des meilleurs maîtres vénitiens. Le dessin est fier, d'un grand style, la couleur est splendide et l'ensemble n'est pas trop inférieur aux immortels chefs d'œuvres des Véronèse, Tintoret, Palma et autres maîtres au milieu desquels elle est placée. En 1621, Jean Le Clerc signe ce travail et termine également une Annonciation, commencée par son ami Saraceni, à Feltre, église San Giustina.

Le duc Henri II de Lorraine écrit à leur retour en Lorraine que la sérénissime république les classait parmi les hommes industrieux d'où le premier rang... digne de porter l'ordre de chevalier de Saint-Marc, auquel il aurait été eslevé pour récompenser des services signalez qu'ils auraient rendus à la seigneurie de Venize... Lui et son frère sont ambassadeurs des ducs de Lorraine. Mais, peut-être du fait de la mort de Carlo Saraceni, après avoir terminé les tableaux, ils retournent dans leur petite patrie.

 

LE PEINTRE DES DUCS DE LORRAINE

 

Henri II de Lorraine, Antoine Van Dyck
Henri II de Lorraine, Antoine Van Dyck
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Jean et son frère reviennent dans le duché de Lorraine après avoir connu le succès à Venise au tout début de l’année 1622 ou selon d’autres historiens fin 1621, presque en  même temps que Jacques Callot. D’ailleurs, à Nancy, Jean Le Clerc est le parrain de Jean et Catherine, enfants de François Barbonnois, un autre peintre le 4 mai 1622. Il est dit sur cet acte chevalier de Saint-Marc. La marraine est justement la femme de ce Jacques Callot, Charlotte de Flondres.

La Lorraine va participer à la révolution artistique du début du XVIIe siècle et le rôle de Le Clerc, dit le vénitien, n’est pas des moindres. Et puis, Jean Le Clerc tient la première place à la cour. Le duc Henri II de Lorraine estime que lui et son frère ont mérité d'estre admis au service de nostre personne en qualité d'homme de chambre ordinaire. Il touche également une rente comme ancien ambassadeur dès le 26 avril 1622 de cent réseaux de blé sur la recette de Marsal pour chaque année.

Jean devient le peintre officiel des ducs de Lorraine et de Bar, Henri II de Lorraine (1608-1624), François II de Lorraine (1625), puis Charles IV de Lorraine (1625-1675). Son titre de chevalier de l’ordre de Saint-Marc est officiellement reconnu en Lorraine. Le duc Henri II de Lorraine lui confère la noblesse héréditaire le 28 mai 1623. Il parle de : ... nos chers et bien aymez Jean et Alexandre Le Clerc frères natifs de notre bonne ville de Nancy et écrit qu’il a trouvé convenable de les décorer et eslever au grade de noblesse. Voulons et nous pour qu'eux et leurs dits enfans et postérité soient reconnus, pour nobles en tous lieux et affaires, dedans et leur jugement, et jouyssent et usent de tous honneurs, libertez, franchises, droicts, privilèges... Et pour signe et décoration de la noblesse nous avons aussi donné et donnons par cestes Jean et Alexandre Le Clerc, et à leurs ditz enfans, postérité et lignées descendantes d'eulx en loial

Blason des Le Clerc (de Pulligny)
Blason des Le Clerc (de Pulligny)
Portent d'azur, à deux épées d'argent garnies d'or, mises en sautoir, au chef cousu de gueules, chargé d'un lion dit de St Marc d'or, tenant un livre ouvert au naturel ; & pour cimier le lion naissant de l'écu, tenant une croix de l'ordre de St Marc d'or, issant d'un torti des métaux & couleurs dudit écu, le tout porté d'un armet morné, couvert de ses lambrequins aux mêmes métaux & couleurs. Trésor de Chartres, fol. 162.Regist. 1623.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
mariage, comme dit est, les armoiries telles que cy dessoubz elles est blazonnées, avec puissance de les porter et en user en tous lieux, comme autres nobles ont accoustumés port de leurs armes; et sont les dittes armoiries : Party en face de gueulle et d'azur reposant en chef un lion léopardé, … Saint-Marc, d'or, tenant un livre représenté au naturel et en poincte, de deux especes en sauteur, d'argent, munies d'or; timbré d'un lion naissant de l'escut, tenant sa croix de l'ordre de chevalier de Saint-Marc, d'or, … d'un tortil des métaux et couleurs susdites, le tout …d'un ormet mort avec son lambrequin aux métaux des couleurs de l'escut...

Ces lettres de noblesse ne leur sont pas attribuées en tant que peintre et musicien, mais comme anciens ambassadeurs et pour les services qu'ils ont rendus à la Sérénissime République. D’ailleurs, son frère n'est cité comme peintre qu'une fois et comme musicien des ducs très rarement. Nous savons que Jean reçoit aussi en 1624 10.000 francs du duc Henri II de Lorraine pour certaines bonnes considérations.

A cette époque, au niveau de ses œuvres, Le Clerc n’hésite pas à faire des emprunts aux écoles du nord de l’Europe notamment à Bartholomeus Spranger ou à Jan van der Straet. Rapidement il a une réputation qui dépasse largement les limites du duché.

Jean Le Clerc, Le Doge Enrico Dandolo et les capitaines de la Croisade prêtant serment (extrait).
Jean Le Clerc, Le Doge Enrico Dandolo et les capitaines de la Croisade prêtant serment (extrait).
Palais des Doges.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
En 1625, son protecteur, François II de Vaudémont (1572-1632) devient duc, mais pendant cinq jours seulement. Il lui commande plusieurs tableaux. Jean Le Clerc réalise le décor de la chapelle de son château de Viviers, disparu au XIXe siècle et un nombre assez important de tableaux. Il est payé tous les ans :

Au Sr Le Clerc, chevalier, peintre à Son Altesse, la somme de quatre cens quarante frans, scavoir quatre cens frans pour reste et parpaye des ouvrages que Monseigneur lui a faict faire en la chapelle du chasteau de Vivier, et quarante frans pour les chassis de trois tableaux que mondit seigneur a faict mettre au cabinet de l'hostel de Salm.

Au Sr Jean Le Clerc.... six cens frans pour le tableau de Vivier et autre qu'il repete.

Au sieur Le Clerc chevalier de St Marc, peintre de Monseigneur, la somme de trois cens cinquante frans pour trois tableaux qu'il a faict et delivré à Monseigneur, savoir deux de son portraict, dont l'un desquelz mondit seigneur l'auroit donné à Madame la Grande Duchesse de Toscane, sa belle sœur, et l'autre à Monsieur de Luxembourg, comme aussy le portrait de Monsieur le Cardinal de Lorraine, son fils, que Monseigneur a faict pareillement donner à sa dite sœur, raccomodé celuy du duc René qui est en son cabinet, peinct un recoing de la versure de sa chapelle de Vivier et doré en quelques endroictz d'icelle.

En 1629, les portraits exécutés par Jean Le Clerc, payés par la recette générale des finances du duc François, sont envoyés de Lorraine en Italie. Il devient le peintre en titre du duc Charles III de Lorraine en 1629. En 1632, Charles IV de Lorraine lui cède tel droit, nom, raison et action qui lui appartenaient sur une maison sise en la rue du vieil faubourg St Nicolas de Nancy. Sa nouvelle demeure est proche de l'église du noviciat des Jésuites, où il travaille assez souvent.

 

DES SUJETS RELIGIEUX

 

Jean Le Clerc L'adoration des bergers
Jean Le Clerc L'adoration des bergers
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Chez Jean Le Clerc, un même sentiment plastique convient à l'expression des deux grandes entreprises de foi et d'aventure que sont la mission lointaine et la croisade. De fait, esprit de croisade, esprit missionnaire, esprit de pèlerinage convergent souvent. L'essentiel de l'œuvre lorraine est religieuse : Adoration des bergers (église Saint-Nicolas de Nancy ; musée de Langres), Saint François Xavier prêchant aux Indiens, Nancy, Musée historique lorrain, Banquet d'Hérode (collégiale de Chaumont). Dès que Le Clerc retourne dans sa Lorraine natale, il enrichit de morceaux très rares prefque toutes les Eglifes de Nancy, qui fe parent de fes productions. De la facilité dans l'exécution, de la netteté dans les idées, & beaucoup d'expreffion dans le fentiment, tels font les caracteres du génie de ce peintre. Dom Calmet et l’historien Lionnois parlent, avec assez de détails, de lui et de ses tableaux qui décorent plusieurs églises de Lorraine.

Jean Le Clerc est un homme très pieux. Il est membre de la Congrégation des hommes, dont font partie : François II de Lorraine, Charles IV de Lorraine, et peu d’autres membres. Il faut être jugé qualifié. Pour le collège des Jésuites de Nancy, fondé en 1610, il peint plusieurs tableaux, dont Saint Jean l’évangéliste. C’est dans ce collège qu’une belle chapelle est  affectée à la Congrégation des hommes.  

Certainement du fait de son grand-oncle, Gilles de Trèves, doyen de la collégiale Saint-Maxe de Bar, Jean Le Clerc devient le peintre des jésuites lorrains. Les tableaux au dessus du maître-hôtel de l’église des jésuites sont certainement eux aussi de lui. Jean Leclerc est encore membre de la confrérie de Notre-Dame de Nancy en 1632, pour laquelle il fait un don important.

Jean Le Clerc, L'adoration des bergers
Jean Le Clerc, L'adoration des bergers
Eglise Saint-Nicolas de Nancy.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Dans l'église Saint-Sébastien, on trouve au dessus du maître-hôtel un Portrait de saint Sébastien. Le peintre Bermand, ami et élève de Le Clerc, lui sert de modèle et est payé 250 francs.

Le Christ et saint Pierre, l'Adoration des Bergers et La prédication de saint François-Xavier, de l’église Saint-Nicolas à Nancy et Le Festin d’Hérode, à Chaumont (Haute-Marne), église Saint-Jean-Baptiste sont attribués à Jean Le Clerc. Le Portement de Croix est mentionné par Chamblin de Blancherie dans son Essai d’un tableau historique des peintres de l’École française…avec le catalogue de leurs ouvrages offerts à l’émulation et aux hommages du public dans le Salon des Correspondances. Un Portement de croix, soi-disant d’un certain Bachelier, peintre du roi, est attribué en 1956 à Le Clerc par François-Georges Pariset. Il est dérivé d’une eau-forte de Jacques Callot (Nancy, 1592-1635).

L’attribution du Martyr de saint Laurent de Nancy à Jean Le Clerc est due à François-Georges Pariset  (1976). La facture est robuste et réaliste, les couleurs vénitiennes, le traitement des personnages, le rendu des expressions et des gestes sont assez semblables à ceux de L’Adoration du veau d’or. Cette copie ancienne et de belle qualité reste un hommage aux maîtres vénitiens de la Renaissance en Lorraine. Le martyr de Saint-Laurent qui vient de la Chartreuse de Bosserville, tableau attribué à Paul Véronèse, est en fait une œuvre de Jean Le Clerc rendant hommage à ce peintre.

Le Jean Le Clerc, Portement de Croix, copie de l’œuvre de Callot (après 1624)
Le Jean Le Clerc, Portement de Croix, copie de l’œuvre de Callot (après 1624)
musée des Beaux-Arts de Nancy
© Jean Le Clerc
musée des Beaux-Arts de Nancy
Dans l’église Saint-Martin à Pont-à-Mousson, l’autel et retable de saint Pierre-Fourier, avec les motifs latéraux et leurs peintures, sainte Catherine et saint Augustin sont de Jean Leclerc. La chapelle et son décor sont édifiés par les Jésuites en 1630, et dédiés à saint Antoine. C'est à la suite de l'expulsion des Jésuites en 1768 que l'église passa aux mains des chanoines réguliers qui, alors vouèrent la chapelle au Bienheureux Pierre Fourier, leur réformateur.

Le 11 février 1632 le recteur du Collège des jésuites, Jean Bonnet, lui commande un grand retable de neuf pieds de hauteur et sept pieds de longueur représentant La prédiction de saint François Xavier. Nous sommes à la fin de sa vie, et Jean Le Clerc se remémore ses voyages. Il ne s’agit plus de la croisade contre les Turcs, mais de l’action missionnaire aux Indes orientales. Toutefois ce sont des moyen-orientaux qu’il peint, comme dans Têtes d’hommes enturbannés. Aucune concession à l’allégorisme dans cette œuvre où passe une impression de haute mer.

 

UN PEINTRE LORRAIN ?

 

Jean Le Clerc (1586-1633), Soldat vu de dos.
Jean Le Clerc (1586-1633), Soldat vu de dos.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Jean Le Clerc s'identifie tellement à son maître et ami vénitien Carlo Saraceni que des tableaux souvent attribués à Saraceni peuvent être de la main de Le Clerc : Le reniement de saint Pierre (Florence, collection Corsini), Annonciation (Feltre, San Giustina), Scène de naufrage (Piazzola sul Brenta, Villa Contarini).

Le rédacteur de l’étude sur Jean Le Clerc, dans les Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie Lorraine, écrit à propos de son chef d’œuvre, « Le Doge Enrico Dandolo (1123-1205) et les capitaines de la Croisade prêtant serment, du palais des Doges » : Quelle ne fut pas notre surprise en contemplant une toile magnifique, une œuvre véritablement saisissante et qui reflète la manière des meilleurs maîtres de l’école vénitienne. Le dessin est fier, d’un grand style, la couleur est splendide et l’ensemble n’est pas trop inférieur aux immortels chef d’œuvre des Véronèse, des Tintoret, des Palma et autres grands maîtres au milieu desquels elle est placée.

Le Concert nocturne est généralement reconnu comme une œuvre italienne de Le Clerc. Il est exposé à Munich. La Nouvelle Revue des Deux Mondes, de d’avril-juin 1974 juge Le Concert confus et peu convaincant. Pourtant d’autres critiques estiment y voir un rapport entre le traitement de la lumière chez Le Clerc et La Tour. On a longtemps attribué trois gravures (Les Deux Moines, Les Veilleuses, et Sainte Madeleine) de Georges de La Tour à Le Clerc. Il s’agit certainement d’œuvres de jeunesse de cet immense artiste.

Si son retour en Lorraine marque un tournant, son travail n’est pas bien connu. La chronologie des œuvres lorraines reste très incertaine et repose sur une série d’hypothèses. Le peintre contribue alors à y introduire une peinture nouvelle, marquée à la fois par Caravage et par l'art de Venise, dont l'étude pose le difficile problème de l'école lorraine vers 1620-1630. Marqué par les recherches luministes des peintres établis à Rome et influencés par l'art de Michelangelo Merisi, dit Le Caravage (1571-1610), Le Clerc reprend à Nancy la technique du clair-obscur. Ses tableaux présentent de forts contrastes lumineux, avec des coloris stridents ou rares, des formes anguleuses modelées avec fermeté. Un art inspiré aussi de Saraceni, mais d'une fièvre toute personnelle, qui allie le maniérisme lorrain tardif et la nouvelle esthétique caravagesque. Les liens qui unissent Le Clerc à Callot, La Tour et Deruet sont certains.

Jean Le Clerc, Souper galant.
Jean Le Clerc, Souper galant.
Musée des beaux-arts de Rennes
© Jean Le Clerc
Musée des beaux-arts de Rennes

Le Clerc entretient des liens avec Georges de La Tour (1593-1652) et les artistes lorrains. Les affinités ne manquent pas entre ses œuvres et celles de La Tour. C’est sans doute grâce aux œuvres de Le Clerc que La Tour prend connaissance de la peinture caravagesque. Il est aussi un rival. Quand en 1620, Georges de La Tour décide de s'installer à Lunéville, berceau de la famille de sa femme, il sait que le marché nancéien, dominé par Jacques Bellange jusqu'à sa mort en 1616, mais bientôt investi par Claude Deruet et Jean Le clerc revenus d'Italie respectivement en 1619 et avant 1622, lui est en grande partie fermé. Georges de La Tour n’est pas le peintre des ducs et il n’est pas non plus anobli.

Le souper galant date de 1628 et il fait aussi penser comme Le Concert nocturne aux œuvres de l’école d’Utrecht. Ce curieux dessin pourrait représenter un épisode de l'histoire du Fils prodigue, ce dernier dissipant son bien auprès d'une courtisane. La morale de la parabole semble cependant plus un prétexte pour l'artiste qu'une source d'inspiration. Le thème évoque également les banquets caravagesques.

Jean Le Clerc est également très proche des scientifiques de son temps. Il adopte des préparations brunes, pratique nouvelle, mais très fréquente en Italie. Son Reniement de saint Pierre est la magistrale application de complexes problèmes de perspective dans une architecture éclairée par plusieurs sources de lumière. Il est devenu l’artiste préféré des jésuites de la villa Corsini, à Florence, où les règles de la perspective sont effectivement appliquées à une architecture compliquée éclairée par plusieurs sources de lumière. Ces recherches auxquelles le Père Du Breuil va bientôt consacrer un chapitre de La perspective pratique occupent les milieux scientifiques de Nancy et Pont-à-Mousson. Le Père Jean Levrechon s’est retrouvé avec Le Clerc dans l’art des peintres vers une poétique de la facticité et vers une magie naturelle.

 

LA GRAVURE

 

Jean Le Clerc, gravure extraite de La vie de saint Ignace de Loloya.
Jean Le Clerc, gravure extraite de La vie de saint Ignace de Loloya.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Jean Le Clerc s'est essayé aussi avec grand succès à la gravure. Pour l’une de ses œuvres, Mort de la Vierge, une eau forte réalisée à Rome en 1619, sa biographie dans les Mémoires de l’Académie de Montpellier parle d'une pointe moelleuse, où le naturalisme est tempéré par la beauté des expressions; le travail, habile, a de l'analogie avec celui de Guide, en gardant toutefois plus de pesanteur et plus de chaleur. Comme l'a déjà proposé Jacques Thuillier, il est fort possible que Poussin ait eu connaissance de la gravure que réalise en 1619 le Lorrain Jean Le Clerc d'après un des multiples tableaux de Carlo Saraceni sur ce thème. On y décèle par exemple, outre une profonde percée architecturale, une même rhétorique théâtrale de l'émotion balançant, par les gestes, entre contenance et exubérance. L’œuvre de Jean, Mort de la Vierge, d'après Carlo Saraceni, 1619, est à Londres, au British Museum.

 Le Clerc grave d'après Saraceni Le Repos en Egypte, une estampe qui est d'un grand mérite et d’une grande habileté pittoresque, et pourtant Jean Leclerc a vu ses gravures emportées dans l'oubli. A Ecouen, le musée national de la Renaissance a une gravure qu’il attribue à Jean Le Clerc : Trois vaches et un vacher. La vielleuse est à Paris, au Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée.

Jean, occupé par ses travaux de peinture, n'a toutefois gravé qu'accidentellement. Ce que témoigne le petit nombre d'estampes qu'on a de lui et où d'ailleurs on chercherait vainement, dans l'exécution comme dans le dessin, quelque chose qui ressemble à la gravure en question.

 

UN MAÎTRE 

 

Jean Nocret (1617-1672), Louis XIV et sa famille.
Jean Nocret (1617-1672), Louis XIV et sa famille.
Musée des châteaux de Versailles et de Trianon
© Jean Nocret (1617-1672)
Wikimedia Commons
En 2002, la Revue Le Pays lorrain, conclut non sans raison : Jean Le Clerc dont l'étude continue à plonger l'historien dans l'embarras .... Est-il un maître ?

En 1628, Jean Le Clerc prend comme apprenti François Vernier, filleul du duc François, pour une durée de deux ans et moyennant 400 francs.

Et puis Rémond Constant (1575-1637). Sa mère, Nicole de Trèves, est de la famille de Gilles de Trèves, l’un des grands-oncles de Jean Le Clerc. Constant est le fils de fonctionnaires ducaux, comme les Le Clerc et les Trèves. Contrairement à son maître, Jean Le Clerc, il se contente d'un bref voyage en Italie. Les experts rapprochent les Saint Sébastien et Saint Roch de Rémond Constant, du Saint François-Xavier prêchant aux Indiens de Jean Le Clerc. Ils sont tous les deux membres de la confrérie sons l'invocation de l'Immaculée Conception, qui compte parmi ses membres les ducs François II et Charles IV, la duchesse Nicole, Henri de Lorraine, marquis de Moy, beaucoup de personnes qualifiées, des magistrats, des artistes comme eux et Jacques Callot. Rémond Constant est peintre de feu Monseigneur le cardinal.

Jean Tassel (1608-1667) naît dans une famille de peintres, mais c'est avec son maître Jean Le Clerc qu'il s'initie plus spécifiquement au nouveau luminisme caravagesque. Jean Tassel est l'élève du Lorrain Jean Le Clerc, nous dit l’encyclopédie Larousse. Après sa mort, il va à Rome. Son œuvre atteste l'influence de son maître.

Jean Nocret (1612-1672), un autre de ses élèves quitte lui aussi Nancy pour achever sa formation à Rome. Ils signent une toile à trois avec Rémond Constant le 8 octobre 1633, 12 jours avant la mort de Le Clerc. Mais Le Clerc a au moins un autre élève qui est reçu comme bourgeois de Nancy, Martin Colelly. Également peintre, il le sert pendant sept années. Certainement un élève pauvre ou un peintre raté ?

 

SES MARIAGES, SA DESCENDANCE ET SA MORT

 

Cénotaphes de la chapelle funéraire des ducs de Lorraine (1609-1632)
Cénotaphes de la chapelle funéraire des ducs de Lorraine (1609-1632)
Église des Cordeliers, Nancy.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Jean Le Clerc se marie après son retour en Lorraine, en 1623, avec Anne des Pilliers, fille de Thierry II, écuyer, seigneur de Mazeley, et d’Anne de Girecourt. La Maison des Pilliers est une vieille famille d’officiers supérieurs dans les armées du Saint Empire qui portent : De gueules, à 3 piliers d'argent, en pal 2 et 1.3. La famille des Pilliers est originaire de Mirecourt. Ils sont seigneurs de Mirecourt, Racécourt, Vroville, Mazeley… La duchesse de Lorraine, Marguerite de Mantoue (1591-1632), dote richement sa première épouse. Malheureusement elle meurt en couches et est inhumée dans l’église Saint-François des Cordeliers le 24 janvier 1625, à côté des cénotaphes des ducs de Lorraine.

Veuf, Jean se remarie le 14 janvier 1629, en la paroisse Saint-Sébastien de Nancy, avec Marguerite Navel ou Navelle, dont le père Geoffroy est concierge de l’hostel de Salm en 1614, puis munitionnaire. Avant cela le père de sa femme est  commissaire des grains (1595-1597), puis commissaire des Magasins. Sa belle-mère, Élisabeth Braulche est suffisamment riche pour prêter de l’argent à un cousin de l’Auditeur des comptes du duché de Lorraine pour acheter une maison neuve.

Claude-Nicolas, fils du sieur Jean Le Clerc, chevalier (de Saint-Marc) et peintre eu l'état de S. A., et damoiselle Marguerite Navelle (Navel), sa femme, est baptisé à la paroisse de Saint-Sébastien de Nancy, le 18 février 1630. Son parrain est honoré seigneur Claude-Nicolas de Monby, premier gentilhomme de la chambre du cardinal Nicolas François de Lorraine, sa marraine damoiselle Claude Vallée.

Au début d'octobre 1633, Jean Le Clerc se trouve gravement malade. Incapable de mener à bien les deux commandes de Chaumont, il demande à Rémond Constant de les achever. Il devient hydropique et meurt le 20 octobre 1633, à Nancy âgé de seulement 46 ans, un an après le décès de son protecteur, François II de Vaudémont. Il est inhumé dans l’église Saint-François des Cordeliers aux côtés de sa première femme.

 

APRÈS SA MORT

 

Ses deux fils sont encore en bas âge et sa femme très jeune.  Le fils de Jean Le Clerc et d’Anne des Pilliers, Jean II Le Clerc (1624-1666), est lui aussi encore un enfant à la mort de son père. Il est décédé 31 ans plus tard, le 28 janvier 1665, sieur de Landremont, demeurant à Dombasle, jadis capitaine au régiment du général de Mercy. Jean Le Clerc est l'ancêtre du général Charles Hyacinthe Leclerc de Landremont.

Son frère, Alexandre Le Clerc, ambassadeur, militaire, musicien des ducs, peintre, est l'ancêtre du député à la Convention Claude-Nicolas Leclerc et de Frédéric Le Clerc, directeur des hôpitaux de Tours, et écrivain, mais aussi de Jean Leclerc de Pulligny, polytechnicien et sa famille.

Son autre frère, Pierre, est l'auteur d'une auteur branche de la famille Le Clerc qui a presque le même blason, les Le Clerc de Vranville. Ils sont seigneurs du Buisson, de Vrainville et de Fredeaux. La production de cette famille, remonte à 1552. Elle  est rejetée par Caumartin en 1667, mais elle passe à la seconde recherche en 1698.   Ils portent : D'azur, au lion d'or placé au flanc dextre, lampassé et armé de gueules ; à senestre deux épées d'argent en sautoir : deux étoiles d'or. l'une en chef et l'autre en pointe. Contrairement aux descendants de son autre frère qui ne sont plus nobles en 1789 et révolutionnaires, l'avant-dernier Le Clerc de Vrainville émigre et est marquis selon la Liste générale des pensionnaires de l'ancienne liste civile, avec l'indication sommaire des motifs de la concession de la pension, en 1833.

Jean Le Clerc, L'adoration des bergers (extrait)
Jean Le Clerc, L'adoration des bergers (extrait)
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
En 1876, Meaume écrit au sujet de Jean Le Clerc : L’artiste dont nous allons retracer la trop courte existence est incontestablement le meilleur peintre d’histoire qu’ai produit la Lorraine. Il ajoute à propos de l’une de ses œuvres : Par quelle étrange aberration veut-on toujours que Callot ait été pour quelque chose dans cette pièce ? Quant à l'attribution du fond à Jean Le Clerc, il suffit d'avoir vu les belles pièces que cet artiste a gravées pour être convaincu qu'il n'est pour rien dans celle de Deruet.

De temps en temps une œuvre lui est attribuée, mais la majeure partie est perdue. C’est le cas de la collection de François II de Lorraine, son protecteur, de certaines commandes des jésuites et autres maisons religieuses. Que sont devenus les tableaux de l'église des Jésuites du collège de Nancy ? De même aucun expert ne sait dans quelles collections peuvent se trouver les portraits des ducs de Lorraine. Henri Le Page dans Le département de La Meurthe: statistique, historique et administrative écrit que dans la paroisse Saint-Roch à son époque on peut admirer aussi huit superbes tableaux faits par Jean Le Clerc. Mais de nos jours le musée de Nancy ne possède que deux tableaux de Jean Le Clerc...

Le Bulletin de la Société d'archéologie lorraine donne cette liste :

Jésuites du collège de Nancy : Saint Pierre,  Saint Paul, Saint François-Xavier, La Sainte Vierge, Nativité de Jésus-Christ, Sainte Pélagie, La Madelaine, Saint Ignace.

Congrégation des hommes : Saint Jean-1'Evangéliste.

L'église Saint-Sébastien de Nancy : Saint Sébastien

Le martyr de Saint-Laurent, copie d'une œuvre de Véronèse par Jean Le Clerc  (après 1628) (extrait)
Le martyr de Saint-Laurent, copie d'une œuvre de Véronèse par Jean Le Clerc (après 1628) (extrait)
Musée des Beaux-Arts de Nancy
© Jean Le Clerc
Musée des Beaux-Arts de Nancy
Annonciades : Un Crucifix.

Capucins : Saint Félix.

Dames du Saint-Sacrement : L'Adoration des Bergers.

Minimes de Bon-Secours : Deux tableaux représentant des anges.

Dames du Refuge : Un tableau dans un des parloirs.

Chez M. Barbe : Saint Antoine de Padoue.

Dom Calmet, Lionnois et Lepage nous donne une autre liste de quelques unes de ses toiles (souvent les mêmes) :

Saint Pierre,

Saint Paul

Saint François Xavier, exécuté le 11 février 1632,

La Sainte Vierge,

La nativité de Jésus-Christ,

Sainte Pélagie,

La Madeleine,

Jean Le Clerc, Le Doge Enrico  Dandolo et les capitaines de la Croisade prêtant serment (extrait)
Jean Le Clerc, Le Doge Enrico Dandolo et les capitaines de la Croisade prêtant serment (extrait)
Palais des Doges. Venise.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Saint Ignace,

Saint Jean l'évangéliste,

Saint Sébastien,

Crucifix,

Saint Félix,

L'adoration des bergers (musée de Langres),

Deux tableaux représentant des anges,

Un tableau dans un des parloirs,

Saint Antoine de Padoue

Saint François Xavier prêchant aux Indiens est exposé à Nancy, au Musée historique lorrain. Une autre Adoration des bergers est dans l'église Saint-Nicolas de Nancy.

Les peintures de Jean Le Clerc sont donc très rares, et se vendent chez Sotheby's, comme pour son Adoration des Bergers.  Venise conserve encore son chef-d'œuvre, Le Doge Enrico Dandolo et les capitaines de la Croisade prêtant serment. Plusieurs de ses œuvres sont aux États-Unis, dont :

Scène de cabaret, Washington, Osuna Gallery

La résurrection de Lazare, New-York, collection particulière.

L'extase de saint François d'Assise est en l'église paroissiale de Bouxières, Le banquet d'Hérode en la collégiale de Chaumont et une gravure de Têtes d'hommes enturbannés est au musée du Louvre.

 

SOURCES :

1. Paulette Choné dans son excellent article sur Jean Le Clerc du Dictionnaire du Grand Siècle de François Bluche,  Fayard 2005, p.842.

2. Paulette Choné le dit fils d'un archer des gardes du duc de Lorraine, mais les généalogies écrites et les actes des archives nationales et départementales ignore cette légende.

 

Béhar Pierre, Image et spectacle, Rodopi, 1993

Bénézit Emmanuel, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays? Gründ, 1976, v.6.

Bontemps Daniel, Martine Bontemps-Litique, Les noms de famille en Lorraine: histoires et anecdotes, Archives & culture, 1999.

Cabourdin Guy, Claude Gérard, Lorraine d'hier, Lorraine d'aujourd'hui, Presses Universitaires de Nancy, 1987

Calmet Dom, Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres de Lorraine : avec une réfutation de La Bibliothèque Lorraine de Dom Calmet ..., de Chevrier (François Antoine), 1754, article Le Clerc, t.1.

Choné Paulette, Jean Le Clerc, Claude Déruet et le carmel de Chaumont (1633-1635). Le Pays lorrain 1984.

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Hidemichi Tanaka, Georges de La Tour dans ses rapports avec Le clerc Callot et Rembrandt. Inform. Hist. Art XV, 1960.

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Le Moigne François-Yves, Patrimoine et culture en Lorraine: ouvrage collectif, Editions Serpenoise, 1980

Les archives de Nancy, ou Documents inédits relatifs à l'histoire de cette ville, Henri Lepage, L. Wiener, 1865

Les Tassel, peintres langrois du XVIIe siècle: Exposition au Musée des Beaux-Arts, Palais des États de Bourgogne, Dijon, Musée des beaux-arts de Dijon, 1955

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