Recherche
Article Contributeur
Taille du texte Imprimer Envoyer par e-mail

Rodrigo Díaz de Vivar

Note moyenne : pour 56 votes
Commentaires (100) Ajouter un commentaire Signaler un abus Votre vote  
En double cliquant sur chacun des mots, vous accéderez aux définitions Larousse
Rodrigo Díaz de Vivar
Publié le:07/11/2009

I. LES ANCÊTRES DU CID


Souvenir philatélique pour le IX centenaire de la mort du Cid Campeador
Souvenir philatélique pour le IX centenaire de la mort du Cid Campeador
© Vela Zanetti
1999 . EDIFIL 3655 . MATASELLOS PRIMER DIA BURGOS
Rodrigo Díaz de Vivar, Ruy Díaz, plus connu sous le nom d’El Cid Campeador, est né à Vivar, près de Burgos, en 1043 (année 435 de l'hégire) [1] et meurt à Valence le 10 juillet 1099. Parmi tous les héros que l'Espagne produit au moyen âge, il n'en est qu'un seul qui acquiert une réputation vraiment européenne: c'est Rodrigue, le Cid. Les poètes de tous les temps vont le chanter. Le plus ancien monument de la poésie castillane porte son nom. Plus de cent cinquante romances célèbrent ses amours et ses combats. Guillen de Castro, Diamante, d'autres encore, l'ont choisi pour le héros de leurs drames. Tout le monde le connaît : en France, par la tragédie de Corneille, en Allemagne, par la traduction que Herder donne du Romancero. Plusieurs films, dont celui d’Anthony Mann (1961) avec Charlton Heston et Sophia Loren lui sont consacrés. Ce héros de la Reconquista est devenu l'équivalent d'une Jeanne d’Arc pour les Espagnols qu'ils soient Franquistes, partisans du Frente Popular en 36 ou de l’Espagne de Juan Carlos et Sofia.

 

Mais depuis bien longtemps les historiens se demandent si le Cid des cantares, des romances, des drames, est bien le Cid de l'histoire ou une création magnifique des poètes de la péninsule. Essayons de retrouver, à travers des études sérieuses basées sur des sources primaires et pas sur des légendes, ce qu’a été la vraie vie du Cid Campeador, de Rodrigo Díaz de Vivar, alférez du roi Sancho II de Castille en 1066 et seigneur indépendant de Valence de 1094 à 1099. Un héros de la Reconquista élevé par des parents qui ont adopté en partie le mode de vie des Maures. Ses qualités font de cet homme de guerre le symbole de la chevalerie, de la vertu, mais aussi de la tolérance. En effet, ce chevalier victime de l’ingratitude d’un roi chrétien n’hésite pas à servir des princes musulmans, gagnant ainsi son surnom de Cid (de l'arabe sidi, = seigneur). Comme l’écrivent Michel Kaplan, Patrick Boucheron, Christophe Picard, dans Le Moyen Âge, XIe- XVe siècle, Rodrigo Díaz de Vivar  symbolise l’état d’esprit particulier des habitants de la frontière nord d’al-Andalus souvent transfuges de part et d’autres. Mais en prenant Valence et en  résistant aux attaques des Almoravides, il devient de Campeador (= champion, au sens médiéval) du roi de Castille Campeador de l’Espagne qui lutte contre ses envahisseurs. Mais cette Espagne n’est pas que celle des chrétiens, c’est celle aussi des musulmans espagnols civilisés luttant contre les barbares venus d’Afrique. De nombreux Maures combattent à ses côtés et sont ses vassaux. Car, sur le terrain, le Cid Campeador va créer une grande principauté à l’est de l’Espagne où règne la plus grande liberté religieuse. Et puis, Rodrigo Díaz de Vivar n’est pas que le symbole de la Reconquista, il l’est aussi de la fidélité vassalique qui interdit de porter les armes contre un suzerain même injuste [2]. Sa principauté n’est pas vraiment un royaume indépendant, il la conquiert et la défend au nom du roi Alfonso VI de Castille et León. Les historiens maures le désignent que par le surnom de Cambitor (= guerrier illustre), et quelquefois lui donne le titre de roi, mais le sobriquet de Taghi (= tyran, usurpateur) revient souvent [3].

 

Aller à IIème partie : AU SERVICE DE SIX ROIS

Aller à la troisième : III. VALENCE, JIMENA.

 

I. LES ANCÊTRES DU CID

 

DES LEGENDES A LA REALITE

 

Château de Sotopalacios, près de Burgos, demeure de la famille du Cid
Château de Sotopalacios, près de Burgos, demeure de la famille du Cid
Archives Guy de Rambaud (PD-Art)
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
La légende des origines illustres et légendaires du Cid Campeador ayant fait place à la volonté de certains historiens ou romanciers d’en faire un banal milite aux origines obscures, dans les années 1950, il convient désormais d’avoir une approche non partisane de sa généalogie.

 

Rodrigo Díaz de Vivar est né vers le milieu du XIe siècle, 1043 pour la plupart des historiens [1]. Son lieu de naissance est Vivar du Cid, au nord de Burgos, peut-être au château de Sotopalacios. Le dernier mot de son nom indique la souche de la famille, Vivar. Lui et son père sont les seigneurs des terres de Vivar. Après le nom de baptême Rodrigue, on met Diaz, ce qui signifie Rodrigo, fils de Diego (= Jacques) [4]. Toutefois, comme l’écrit Margarita C. Torre Sevilla-Quiñones de León, dans El linaje del Cid, il ne faut pas rechercher tous les ancêtres de  Rodrigo Díaz à Vivar, comme le font Menéndez Pidal et de nombreux historiens et généalogistes. La noblesse du Nord de l’Espagne, vers l’an mil, surtout les cadets, est très mobile géographiquement.

 

Menéndez Pidal pense que le rôle important de Rodrigo Díaz de Vivar à la cour, et cela très jeune, démontre que l’Historia Roderici n’est pas qu’une légende [5]. Certes, qu’on le déplore ou non les personnages importants de l’époque  médiévale ont presque toujours des ancêtres illustres. D’ailleurs des recherches récentes sur des sources primaires, comme celles de Francisco Javier Peña Pérez, en 2009, montrent que le patrimoine dont hérite Rodrigo de son père (et pas de sa mère) est considérable. Il comprend des propriétés dans de nombreuses localités de la Castille. Seul un membre de la haute noblesse peut à cette époque hériter d’autant de biens. Toutefois la notion de nobiliori genereortus ne veut en rien dire descendre automatiquement des Juges de Castille. L’Historia Roderici est la source unique pour certaines générations de cette généalogie légendaire de Rodrigo. Ses rédacteurs sont liés à la cour navarraise. Des membres de ce lignage des Laínez portant le nom de Fernando Laínez, comte de Salamanque, de l’illustre comte Fernán González ou même de Laín Fernández, comte de 1032 à 1060, personnages vivant à d’autres époques que les leurs, peuvent nous amener à penser qu’il ne s’agit là certainement que d’un habile montage. Margarita C. Torre Sevilla-Quiñones de León, dans les Anales de la Universidad de Alicante, remarque que les noms que cite l’Historia Roderici sont empruntés à la famille Flaínez, patronyme presque homonyme.

 

LES ALVAREZ, LA FAMILLE DE SA MERE

 

Roi Alfonso V de León (994-1028)
Roi Alfonso V de León (994-1028)
Arrière-grand-père de Doña Jimena, femme du Cid Campeador
© Libro de los Testamentos, folio 53v
http://el.tesorodeoviedo.es/images/c/ce/AdefonsusV.jpg Oviedo Enciclopedia
Les Corónicas Navarras nous disent que le père de Rodrigo Díaz de Vivar, Díac Layniç, se marie à une fija de Roy Díaz Álvariz d'Esturias. Doña Teresa Rodriguez de Amaya (1023-1057), fille de Rodrigo Álvarez de Amaya, Premier comte des Asturies, de l’une des familles nobles du comté de Castille. L’Historia Roderici confirme cette parenté de la mère de Rodrigo Díaz el Campeador et de la fille de Rodrigo Álvarez. Ce grand-père de Rodrigo Díaz de Vivar est seigneur selon la même source de Mormojon et de Noreña, du château de Aguilar entre la Navia  et la Purcia et des terres de Aguilar, de Llanes, San Jorge y San Antolín. Il signe des chartes du roi  Fernando I de Castille en 1038 et 1039 [6].  Margarita C. Torre Sevilla-Quiñones de León, dans El linaje del Cid, constate que Rodrigo Álvarez est le frère de quatre très grands seigneurs, dont parlent des archives découvertes récemment par ses collègues universitaires : Nuño Álvarez, Diego Álvarez, Fortún Álvarez et Gonzalo Álvarez. Il est donc étonnant de voir ce Premier comte des Asturies, région dont il est gouverneur-général de 980 à 998, sa fille et son gendre, catalogués comme étant de petite noblesse par certains pseudo historiens.Álvarez des Asturies est, selon José María Fernández del Pozo [7], de nombreux historiens et des documents datant de cette époque,  le mari de Jimena de León, fille du roi Alphonse V de León (994-1028) et d’une concubine. Donc, par sa mère et cet arrière-grand-père, Rodrigo Díaz de Vivar est l’héritier non seulement des rois de León, mais aussi d’une partie des nobles de Galice, des premiers comtes de Castille, des comtes de Pallars et même de Toulouse. Rodrigo est comme beaucoup de grands seigneurs chrétiens le descendant des rois de Pampelune et donc de la famille qui leur est alliée les Banu Qasi et par eux du prophète Mahomet. Il est aussi le cousin issu de germain de sa future femme, elle-aussi arrière-petite-fille du roi Alphonse V de León (994-1028) (mais issue d’une épouse officielle). Il est à noter qu’en 1038 et 1039 sur des chartes royales les frères Álvarez sont cités avec des membres de la famille Flaínez, mais pas avec celle des Laínez, de l’Historia Roderici.

 

SON PERE

 

La Gesta Roderici Campidocti pls connue sous le nom de Historia Roderici
La Gesta Roderici Campidocti pls connue sous le nom de Historia Roderici
© ???
http://www.spanisharts.com/books/literature/imagenes/harodg.jpg
La légende dit Rodrigo descendant de Laín Calvo, et du beau-père de ce dernier, Fernán González, les juges de Castille. Et pourtant, Margarita C. Torre Sevilla-Quiñones de León s’étonne des deux mésalliances que nous présente l’Historia Roderici.  Nuño Laínez de Castilla, l’arrière-grand-père paternelqu’elle attribue à Rodrigo Díaz de Vivar n’est cité nulle part et il en est de même pour les aïeux qui le précédent. Outre leurs noms, les quelques dates citées par l’Historia Roderici sont empruntées à la généalogie des Flaínez, qui eux sont cités sur des documents d’archives et dans les livres d’histoire. Il est impossible d’expliquer pourquoi des filles de grands seigneurs, petites-filles d’un roi se marient au XIe siècle avec des individus aux origines obscures ? Là encore, que cela plaise ou non, les mariages hypogamiques sont quasi inexistants à cette époque dans l’Espagne de la Reconquista.

 

L'histoire du demi-frère bâtard et de ses fils va dans le même sens. geste cidienne nous décrit un processus d’ascension sociale, qui révèle les rêves inassouvis des rédacteurs, leurs origines et le type des lecteurs que l’Historia Roderici recherchepour employer un jargon très contemporain.


La  généalogie que nous propose l’Historia Roderici et celle bien réelle des Flaínez sont presque identiques, si l’on excepte le juge Laín Calvo. Pourquoi la légende donne t’elle cette origine illustre à Rodrigo Díaz de Vivar ? Dans le contexte du XIIe siècle cette attribution est compréhensible parce que ce personnage prestigieux, indépendamment de son existence réelle, symbolise la recherche de l'autonomie des nobles d'un comté dans des conflits avec les dynasties des puissants royaumes  voisins. Bien que le patronyme Laín suggère une parenté, celle-ci est incompatible avec l'origine des Flaínez  au Léon. Une partie importante de leurs propriétés ne sont castillanes que depuis le début du XIe siècle, comme le montre une étude sur Alvar Fáñez de Minaya et sa famille, publiée sur Academia Costarricense de Ciencias Genealógicas, Revista Electrónica No 11, septiembre de 2008. Alvar Fáñez est le cousin proche de Rodrigo Díaz, selon Carlos Eduardo Solivérez.

 

Margarita C. Torre Sevilla-Quiñones de León, Carlos Eduardo Solivérez et Albert Montaner Frutos pensent eux-aussi que le père de Rodrigo, Don Diego Flaínez de Vivar (990-1058) est un fils du comte Flaín Muñoz [8]. D’ailleurs Personal Names Studies of Medieval Europe: Social Identity and Familial Structures l’appelle Diego Flaínez et pas Laínez. Ce cadet d’un comte du Léon, vivant autour de l'an mil, part défendre la frontière de la Castille contre les Navarrais. Comme Ferdinand Ier, roi de Castille, devient en 1037 roi du royaume de León et qu’il n’est cité qu’à partir de cette date, nous pouvons penser qu’il s’installe à Vivar à cette date. Certes il perd une partie du patrimoine Flaínez au Léon, en Asturies, mais il acquiert de nouveaux biens, se marie avec une dame d’une Maison comparable à celle de ses aïeux. Toutefois, comme cadet il joue un rôle politique peu important dans le royaume de Castille. Il est surtout connu pour sa bravoure. Diego Flaínez de Vivarest l’un des meilleurs capitaines de Castille et de León [9]. Il commande la forteresse de Sotopalacios et une nombreuse compagnie de gens d'armes destinée à défendre à la fois le nord de Burgos et lui éviter un siège. Don Diego Flaínez possède plusieurs villages, des moulins et de nombreuses terres, même si elles sont relativement pauvres. Dans sa jeunesse il a combattu les Sarrasins pour le compte du souverain castillan [10]. Il affronte et bat les troupes du roi de Navarre qui attaquent la Castille par la vallée de l'Ubierna, au décès de Sancho III de Navarre (990-1035). Diego annexe des territoires à la Castille entre 1037 et 1038.  Fernand Ier de Navarre et son frère Garcia doivent accepter ces annexions [11]. En 1047, il hérite en partie de l’oncle de sa femme Nuño Álvarez [12] et pense vivre tranquille sur ses terres. Mais la guerre reprend. Le 1er septembre 1054, à la bataille d'Atapuerca, les armées des royaumes de Castille et de Navarre s’affrontent. Diego Flaínez de Vivar est pour beaucoup dans la victoire des armées castillanes [13]. Après cet affrontement il prend les châteaux de Ubierna, Urbel et La Piedra à la Navarre [14]. Diego Flaínez de Vivar n’est pas né 1020. Sa mère vient au monde en 954 et décède vers 990. Elle est mariée le 5 janvier 975. La date de 1020 est une pure invention. D’ailleurs tous les textes parlent de lui comme d’un vieux seigneur en 1058 et certainement pas d’un homme de 38 ans.

 

LES FLAÍNEZ, LA FAMILLE DE SON PERE

 

Sanche III de Navarre, « roi des Espagnes » (rex Hispaniarum)
Sanche III de Navarre, « roi des Espagnes » (rex Hispaniarum)
© Rizzi
Monasterio de San Millán de Yuso. La Rioja.
Flaín(o) Muñoz (ca 947-1003) correspond au Laín Nuñez de l’Historia Roderici. Le grand-père paternel de Rodrigo Díaz de Vivar  n’est en rien un personnage légendaire, mais la généalogie légendaire du Cid Campeador se trompe quand elle le voit vivre à Vivar et en Castille [17]. Il n’existe aucun document prouvant cela. Par contre, il est fait comte héréditaire du Léon et est attesté pour la première fois à la cour du roi Vermudo II de León dans un document de 986. Il se marie vers 974 avec Justa Fernández de Cea (954-990), sœur de Jimena Fernández, femme du roi de Pampelune, García Sánchez [15]. Sanche III de Navarre et le père du Cid, Diego Flaínez de Vivar, sont donc cousins germains [15]. Les comtes de Cea sont les descendants directs des premiers rois des Asturies. L’arrière-grand-père paternel du Cid, Ferdinand Vermúdez, comte de Cea, est l’arrière-petit-fils d’Ordoño Ier d’Oviedo. Sa femme est aussi la nièce de Diego Muñoz, premier comte de Saldaña des Banu Gómez, autre importante famille du Léon. Sa nièce est fille de son autre sœur Gotina Fernández et du comte Pelayo Rodríguez (950-1007). L’autre nièce de sa femme est l’ancêtre de doña Jimena Diaz de Oviedo (1054-1115), la femme du Cid. Ce mariage montre bien la puissance de Maison des comtes Flaínez et rend possible les unions de son fils, même cadet, et de son petit-fils. Nous allons voir aussi par la généalogie de Jimena Diaz de Oviedo (1054-1115) que la plupart de ces mariages sont consanguins. Revenons à Flaín Muñoz, il est cité en 987 avec sa femme sur un document, où l’on voit un jeune couple lui demander de l’aide lors d’un procès. En payement ils récupèrent deux terres [16]. Flaín Muñoz exerce la justice dans une trentaine d’autres procès et ses ancêtres avant lui, ce qui les enrichit considérablement. Il est témoin le 5 janvier 975 d’une donation avec ses beaux-parents. Des citations régulières dans les archives du León vers la fin du Xe siècle nous montrent qu'il est un partisan du roi Bermude II de Léon (956-999) pendant la guerre civile, comme les comtes de Cea [17], sa belle-famille. De nombreux autres documents des archives du León nous montrent aussi qu’il aide parfois financièrement la cour, ce qui lui confère des droits et des intérêts importants. Flaín Muñoz laisse de ses deux femmes une très nombreuse descendance, ce qui peut obliger à cette époque un cadet à quitter sa terre natale.

 

Le comte Muñio Flaínez (ca 910-962) est l’arrière-grand-père paternel de Rodrigo Díaz de Vivar. Son cursus honorum commence vraiment au début des années 940. Muñio Flaínez, fils de Flaín Díaz, est un allié important du roi Ramiro II de Léon durant les révoltes des comtes Beni Gómez. Selon Carlos Eduardo Solivérez, le comte Flayn avec l’armée du roi leur inflige un échec important, en tuant 300 hommes, dont des deux membres de cette famille Beni Gómez.  Les chroniques d'Ibn Hayyan confirment sa participation aux batailles contre les rebelles. Il confirme la confiscation de la propriété de Dom Patre par le roi Ramiro II de León le 1er janvier 943. Il se marie, avant 947, avec Froiloba Vermúdez de Cea (930-après 985), fille de Vermudo Núñez, comte de Cea et de sa première femme, Argila González de Castille. Sa parenté est confirmée par une charte datée du 8 juillet 985 dans laquelle sa fille Scemena fait don d’une propriété au monastère de Sahagún, donation confirmée par Gundisalbo filiis Scemena et qui cite Munnio Flaginiz genitor Scemenæ, Froiloba genitrix Scimenæ…Virmudo Nunniz abo Scemenæ. Lui et sa femme reçoivent une donation à Otero, le 3 décembre 947. Leur  mariage démontre que les Flaínez  veulent devenir les seigneurs de la montagne orientale du León, plus spécialement la vallée du Porma et la haute vallée de l'Esla, ainsi que de son versant asturien contigu à ce territoire. D’ailleurs Monnio Flainz et uxor Froileuve achètent une propriété dans la valle de Laurenzo, par charte datée du 29 décembre 947. Il confirme le 13 août 949 une donation de son beau-père au monastère Santiago de Valdávida et sa donation au monastère de Sahagún du 31 janvier 951. Lui et sa femme acquièrent des territoires immenses dans les montagnes entre les Asturies et le León entre 948 et 962, notamment Corniero et la vallée du Caso. Froiloba Bermudez acquiert la terre de Noantica sans son mari le 19 juin 962 et 17 septembre 963 [17].Ses frères aînés se rebellent et Flaín Fernández, à la fin du règne de Fernando se voit confisquer toutes ses terres, quod lex gotica dicit in libro II [18].

 

Roi Ramiro II de  León (Ramire II)
Roi Ramiro II de León (Ramire II)
Tumbo A de la Biblioteca de la Catedral de Santiago de Compostela
© anonyme
http://www.saber.es/web/imagenes/galeria/estampas-vida-leon/92.jpg
Le comte Flaín Díaz (ca 875-après 947) est le trisaïeul paternel de Rodrigo Díaz de Vivar. Son existence est corroborée par la chronique d'Ibn Hayyan, qui nous le décrit comme un partisan de Ramiro II de León (868-951) pendant la guerre avec l’ex-roi  Alfonso IV de León, dit le moine, frère du roi. Le frère et le gendre de Flaín Díaz sont tués dans une attaque en 932 [19], certainement pendant la guerre pour libérer Tolède de Abderramán III. Alphonse IV veut récupérer le trône par la force avec l’aide des comtes de la famille Beni Gómez. Le roi Ramiro II envoie des troupes commandées par son capitaine et homme de confiance, Flaín Díaz. Margarita C. Torre Sevilla-Quiñones de León, dans les Anales de la Universidad de Alicante, nous dit que selon des documents de cette époque Flaín Díaz est le beau-frère  Ramiro II de León (868-951) sans préciser qui est son épouse. Carlos Eduardo Solivérez, après une recherche sur les différentes possibilités, en arrive à la conclusion que Flaín Díaz est marié à l’Infante Jimena Ordóñez de León (ca 895-935), fille du roi Ordoño II de León. Flaín Díaz est cité plusieurs fois dans une charte datant de 943, dans  laquelle Abofetha et Cisla est donnée au monastère de San Martín de Albelda.  Ce document parle de regnante principe Garseani à Pampilona, et comite Flagino  à Vecharia. Une autre charte datée du 22 novembre 947 précise Garsea rex…cum genitrice Tuta regina a fait don de cette propriété au monastère de San Martín de Albelda en témoigne …  Flaginus comes. Tudemiro, évêque de Nájera fait don d’une propriété au monastère de San Martín de Albelda par une charte datée du 22 novembre 947, et c’est confirmé par … Flaginus comes [17].

 

Testament d'Ordoño Ier d'Oviedo dans le Libro de los Testamentos
Testament d'Ordoño Ier d'Oviedo dans le Libro de los Testamentos
Public Domain (866)
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Diego Flaginez (ca 855-ca 87?) est un seigneur du León peut-être mort après son mariage ??? Nous ne savons rien de lui.Si ce n’est qu’il a eu deux fils dont Flaín Díaz.

 

FlaínPurcélliz (ca 819-après 869) est le quintaïeul paternel de Rodrigo Díaz de Vivar. Le Comite Didaco donne une propriété au monastère de San Felices, à Villafranca Montes de Oca, par une charte datée de  869 regnante Adefonso in Oveto et Didaco comite in Castella. Le témoin est Gomaze Flagino. Ce Flagino est-il Flaín Purcélliz ?

 

Purcello (ca 786-862) le premier ancêtre connu des Flaínez vit à Lois, dans la région des Picos de Europa, aux confins des Asturies et de León. En 853, il défend petit village contre un raid des Maures. Il les massacre au río Dueñas et sauve ainsi la vie de son fils Flaín, que les Berbères emmenaient comme prisonnier. Pour le remercier le  roi Ordoño Ier d’Oviedo (821-866) lui attribue le fief de Valdoré, à 15 km au sud de Lois, mais dans la vallée de l’Esla. Il transmet ses terres à sa descendance [20]. Durant quatre générations les descendants de Purcello dominent les territoires du Alto Esla et les vallées du Curueño et du Porma.

 

Aller à IIème partie : AU SERVICE DE SIX ROIS

Aller à la troisième : III. VALENCE, JIMENA.

 

NOTES ET REFERENCES

 

1. The Encyclopedia Americana, Grolier Incorporated, Grolier, 2000, p.713 ou Spain: the root and the flower : an interpretation of Spain and the Spanish people, John A. Crow, Édition 3, University of California Press, 2005, p.89 ou  The Houghton Mifflin dictionary of biography, Houghton Mifflin, Houghton Mifflin Harcourt, 2003, p.325 ou Le modèle aristocratique français et espagnol dans l'œuvre romanesque de Lesage: l'histoire de Gil Blas de Santillane, un cas exemplaire, Volume 102 de Biblioteca della ricerca. Cultura straniera, Frédéric Mancier, Presses Paris Sorbonne, 2001, p.149.

2. Le modèle aristocratique français et espagnol dans l'œuvre romanesque de Lesage: l'histoire de Gil Blas de Santillane, un cas exemplaire, Volume 102 de Biblioteca della ricerca. Cultura straniera, Frédéric Mancier, Presses Paris Sorbonne, 2001, p.149.

3. L'art de vérifier les dates, Maur François Dantine, David Bailie Warden, Saint-Allais (Nicolas Viton, M. de), Maur François Dantine, Charles Clémencet, Ursin Durand, François Clément, Valade, 1821, v.2, p.502.

4. Les romances du Cid: oréîde imitée de l'Espagnol, Augustin François Creuzé de Lesser, Édition3, Delaunay, 1836, p.162.

5. Menéndez Pidal, España del Cid 1:156-57.

6. Barton & Fletcher, p. 99n.

7. Les collections de L'histoire, Numéros 30-37, Société d'éditions scientifiques, 2006, p.29.

8. Cantar de mío Cid, Biblioteca clásica, Alberto Montaner Frutos, Francisco Rico, Centro para la edición de los clásicos españoles, 2007, p.I. ou Personal Names Studies of Medieval Europe: Social Identity and Familial Structures, George Beech, Monique Bourin, Pascal Chareille, Western Michigan University, 2002, p.69.

9. Historia y poesía en torno al "Cantar del Cid", Volume 2 de Letras e ideas, Jules Horrent, Ariel, 1973, p.9.

10. Les collections de L'histoire, Numéros 30-37, Société d'éditions scientifiques, 2006, p.29.

11. El Cid Campeador, volume 20, Castalia Prima, Francisco López Estrada, Jorge Roselló Verdeguer, Editorial Castalia, 2002, p.120.

12. Barton & Fletcher, p.100n. 

13. The Cid and his Spain, Ramón Menéndez Pidal, F. Cass, 1971, p.68.

14. Historia Roderici, chapitre 3, p.100 et The Cid and his Spain, Ramón Menéndez Pidal, F. Cass, 1971, p.68.

15. La Corónica, Volume 3 Modern Language Association of America. Spanish I Section, Division of Spanish Medieval Language and Literature, Modern Language Association, 2004, p. 124 et El condado de Castilla, 711-1038: la historia frente a la la leyenda, Estudios de historia, Castilla y León Consejería de Cultura y Turismo, Gonzalo Martínez Díez, Marcial Pons Historia, 2005, p.699 ou Sancho III el Mayor: rey de Pamplona, Rex Ibericus, Historia (Marcial Pons), Gonzalo Martínez Díez, Marcial Pons Historia, 2007, p.164.

16. El lugar del campesino: en torno a la obra de Reyna Pastor, Història (Publicacions Universitat de València), Ana Rodríguez López, Universitat de València, 2007, p.258.

17. http://fmg.ac/Projects/MedLands/SPANISH%20NOBILITY%20EARLY%20MEDIEVAL.htm#_Toc195679790 FAMILY of Conde FLAÍN Muñoz et  Margarita C. Torre Sevilla-Quiñones de León, El linaje del Cid, Anales de la Universidad de Alicante.

18. P. BLANCO, Fernando I, doc. 53, cite par Margarita C. Torre Sevilla-Quiñones de León.

19. Ibn Hayyan, Crónica del califa Abdarrahman III an-Nasir entre los años 941 y 942, trad. M. J. Viguera and P. Corriente (Zaragoza, 1981) ["Al-Muqtabis V]", p. 244, cited in Torres (1999), p. 135.