Recherche

Fiche contributeur

À la une

Sa dernière publication

Exergue

Note moyenne :


On découvre parfois des notes manuscrites sur les premières pages des livres anciens, ainsi, sur un atlas de géographie et d'histoire édité en 1867 et ayant appartenu à mon oncle,  j’ai pu découvrir, tracé au crayon, ces alexandrins :

SI,TENTÉ DU DÉMON,
TU DÉROBES CE LIVRE,
APPRENDS QUE TOUT FRIPON
EST INDIGNE DE VIVRE.

Comment désigner ce genre d'annotation au début d'un livre ? Il s'agit d'une citation qui s'apparente à l'exergue, l'ex-libris ou l'épigraphe, toutefois il ne s'agit pas d'un ex-libris puisqu'elle n'indique pas le nom du propriétaire du livre, il ne s'agit pas non plus d'un exergue ni d'une épigraphe car elle ne précise en rien le contenu du livre. Cette citation a pour objectif de dissuader un voleur potentiel. 

Examinons le vocabulaire à notre disposition :

Exergue : ce qui présente, introduit, inscription en tête d'un livre ou d'un ouvrage.
Ex-Libris : 1. inscription sur un livre qui en indique le propriétaire.
 2. vignette qu'un bibliophile appose sur ses livres et qui comporte son nom, ses armes ou sa devise.
Epigraphe : citation en tête d'un livre ou d'un chapitre pour en donner l'esprit, exergue.

On peut éliminer l'Ex-Libris, toutefois on verra que la citation présentée peut s'apparenter tout à fait à un Ex-Libris lorsque le nom du propriétaire est introduit dans les vers. Reste donc l'exergue ou l'epigraphe tous deux ayant un sens voisin, mais leurs définitions ne correspond pas exactement à notre exemple. Il faudrait donc inventer un nouveau nom, en attendant nous désignerons cette citation par sa nature et sa fonction : Vers antivol.

Lire la suite
Auteur de l'article
Gérard LEGAT Gérard LEGAT
Ajouter à mes favoris Envoyer un message
Présentation de l'auteur
Site internet :
Papyrus2000 pour gérer votre bibliothèque

 

J'entreprends ici de remettre en lumière des auteurs oubliés ou  des mots abandonnés ne figurant plus dans aucun dictionnaire ou simplement mentionné pour mémoire. J'aborderai d'autres thèmes liés à mes centres d'intérêts : le jeux d'échecs, les vide-greniers, la lecture, les encyclopédies et dictionnaires, la bibliothéconomie,  l'histoire, la reliure, l'informatique documentaire, Balzac (sa vie et son oeuvre), les pommes de terre, le jazz...

Mon premier article est consacré à Gabriel Peignot, cet auteur  fait partit des \"disparues\" des dictionnaires, comme beaucoup d'autres personnages qui se sont illustrés à une époque  pour finalement disparaitre des dictionnaires d'aujourd'hui. Ces auteurs, qui n'ont pourtant pas démérités doivent laisser la place à de nouveaux termes ou personnages contemporains.

Chaque années les dictionnaires s'étoffent de mots  et de personnages nouveaux, il faut bien faire de la place pour conserver au dictionnaire une taille raisonnable, pourtant ne pourrait-on pas imaginer un dictionnaire ou une encyclopédie dont chaque nouvelle édition reprendrait la totalité des entrées de l'édition précédente tout en accueillant les nouveautés ? Cette encyclopédie finirait par prendre plusieurs mètres sur les rayons d'une bibliothèque mais quelle richesse de contenu !

A propos de mots disparus des dictionnaires je cite souvent le mot \"Acribologie\" (précision minutieuse dans l'emploi des termes), ce mot est introuvable dans les dictionnaires d'aujourd\"hui et même dans le Grand Robert en 9 volumes ! (Ainsi que dans la base de données de la présente encyclopédie Larousse). Pourquoi un tel ostracisme pour ce mot qui n'a pas d'équivalent, facile à prononcer et à retenir et qui a pour origine un mot grec ancien signifiant \"exactitude, précision rigoureuse\". Ce mot me semble mériter de figurer dans tous les dictionnaires.

Quant aux auteurs, il y en a tant de nouveaux me direz-vous, qu'il n'est point nécessaire de faire appel aux anciens. Au contraire je pense qu'il serait utile de rééditer certains auteurs oubliés et parfois même presque inconnus de leurs contemporains.

Je m'intéresse aussi à la destruction des livres, sujet qui a fait l'objet d'un livre de Fernando Baez \"Histoire universelle de la destruction des livres\" Ed. Fayard 2008, cependant ce livre traite surtout des destructions dues aux guerres, aux inquisitions et autres fatwa. Je voudrais surtout m'intéresser au pilon, système qui conduit, notamment en France, à détruire environ  100 millions d'exemplaires chaque année (d'après le Syndicat national de l'édition), pour une production d'environ 500 millions d'exemplaires. Les 2/3 au moins des invendus vont au pilon, il s'agit essentiellement des livres invendues dont le stockage devient problèmatique. Il y a aussi les bibliothèques qui se livrent au \"désherbage\", opération qui consiste à éliminer des rayonnages les livres jamais empruntés ou détériorés par l'usage, ceux-ci sont parfois donnés ou vendus mais une partie d'entres eux finis au pilon.

Ne peut-on pas imaginer un meilleur sort pour tous ces innocents ?

Visitez ma bibliothèque !