L'« île de Beauté » est longue de 180 km, large au maximum de 85 km. La montagne, partout présente, culmine à 2 706 m au monte Cinto. 50 sommets dépassent 2 000 m (Rotondo, 2 622 m, monte d'Oro, 2 389 m, Renoso, 2 352 m). De fortes pentes, favorables à une érosion intense, provoquent le cloisonnement du peuplement dans des vallées souvent verrouillées de gorges, sur lesquelles s'est articulé le premier découpage administratif en « pieves ».
Les montagnes associent les schistes métamorphiques plissés du nord-ouest de l'île et les roches cristallines du socle hercynien, qui s'étend du sud de l'île au Niolo et à la Balagne et qui est divisé par les mouvements de panneaux faillés, recouvert parfois de roches volcaniques. Les vallées, très profondes, et les versants en pente forte rappellent partout le caractère très récent du rajeunissement du relief.
Les contrecoups du plissement alpin ont basculé à l'ouest le socle granitique et l'ont rehaussé en une dorsale centrale (franchie au col de Vizzavona à 1 163 m), qui porte les principaux sommets corses et partage l'île en deux parties : à l'est, tournée vers l'Italie, s'individualise l'En-deçà des monts (Terra del comune) ; à l'ouest, l'Au-delà des monts (Terra dei signori), longtemps plus archaïque. Une dépression centrale, en fait un sillon morcelé en bassins (dont celui de Corte), sépare cette crête centrale des montagnes schisteuses du Nord-Est, qui s'étirent de l'échine du cap Corse à la Castagniccia. Ces reliefs sont flanqués à l'est de plaines alluviales récentes (Aleria), tandis qu'à l'extrême sud le karst de Bonifacio juxtapose un fragment de plateaux calcaires. De vastes espaces, comme les massifs de rhyolites permiennes des confins de la Balagne et du Niolo, épanchées le long de grandes fractures E.-N.-E. – O.-S.-O., sont dépourvues de sols et déserts.
Plus de 1 000 km de côtes – près du cinquième du littoral métropolitain – présentent un étonnant contraste : une majorité de côtes rocheuses profondément découpées, du cap Corse à l'embouchure de la Solenzara (au sud de Ghisonaccia) en passant par la succession des grands golfes occidentaux et méridionaux, s'opposent à celle, rectiligne et basse, de la plaine orientale, avec ses lagunes (Biguglia, Diane, Urbino) et ses longues plages de sable. Longtemps répulsif, le littoral est devenu un objet de convoitises, de polémiques et de conflits.
La Corse contraste avec les autres îles de la Méditerranée occidentale par son aspect verdoyant, lié à l'importance du manteau forestier : forêts mixtes (chênes, hêtres, châtaigniers) ou de résineux – que domine l'imposant pin laricio – et maquis dense et relativement élevé, issu d'une évolution suscité par l'homme, à base d'arbousiers et de bruyères arborescentes. Le manteau forestier couvre le quart de la surface insulaire, alors que les cultures n'en occupent que 2 %. La Région connaît un climat méditerranéen typique, avec une sécheresse estivale marquée et une amplitude thermique annuelle limitée sur le littoral et accentuée en montagne. En dépit de l'abondance des précipitations annuelles (plus de 800 mm pour la majeure partie de l'île), la forte déclivité des sols et la rareté des zones calcaires limitent les nappes souterraines. Toutefois les pluies, irrégulières, sont concentrées dans le temps : c'est finalement la rétention nivale qui ravitaille le mieux la végétation en eau ; elle est suffisante pour entretenir l'écoulement de nombreuses sources et des principaux cours d'eau en plein été. L'irrigation et l'arrosage sont donc possibles.
La Corse connaît un sensible développement de sa population au XIXe s. : d'un peu plus de 160 000 habitants en 1801, elle passe à plus de 260 000 à la fin du siècle. Cette population nombreuse, vivant en autarcie, a longtemps trouvé dans les villages une protection contre l'insécurité. On assiste ensuite à un effondrement démographique, longtemps masqué par le gonflement artificiel des recensements. L'attrait des carrières administratives sur le continent et outre-mer ainsi que l'inadaptation des systèmes agropastoraux insulaires à une économie de marché se conjuguent pour provoquer une forte émigration. Depuis 1962, le mouvement s'est toutefois inversé avec l'arrivée de rapatriés d'Afrique du Nord (un nombre de personnes avoisinant les 17 000), de travailleurs étrangers employés dans l'agriculture et le bâtiment (principalement italiens et maghrébins, ils forment avec leur famille 10 % de la population insulaire), de fonctionnaires et de techniciens venus du continent. Cependant, ce redressement démographique s'opère au profit du littoral.
La désertification intérieure s'est accompagnée d'une forte urbanisation du littoral, avec l'essor d'Ajaccio et de Bastia, dont les zones d'influence rassemblent plus de la moitié de la population insulaire. La promotion à la fonction de capitale régionale a accentué le rôle administratif d'Ajaccio, dont la forte périurbanisation se poursuit sur le pourtour du golfe homonyme vers la vallée de la Gravone (un phénomène analogue affecte Bastia). Porto-Vecchio doit au tourisme d'être devenue la troisième ville insulaire. Le tourisme est aussi le moteur de la croissance de Calvi, de l'Île-Rousse (au nord-est de Calvi) et, au sud-ouest, de Propriano. Pour compenser la disparition de ses fonctions militaires, Corte peut miser sur son université, ouverte en 1981 ; Sartène – bourg administratif et agricole – et Bonifacio (qui a perdu sa garnison) sont en revanche sur le déclin.
Jusqu'à l'apparition du tourisme, l'agriculture, en dépit de ses archaïsmes, a été la seule activité productive de l'« île de Beauté ». Localisée dans les zones de montagnes et de collines, elle était fondée sur un élevage extensif transhumant d'ovins, de caprins ou de porcs ; s'y ajoutait une polyculture de subsistance, associée à l'exploitation de châtaigniers (la Castagniccia, versants occidentaux de la crête centrale) et d'oliviers (Balagne, région de Bonifacio), ou de vignobles traditionnels de qualité (Ajaccio, Patrimonio, cap Corse).
La Somivac (Société pour la mise en valeur de la Corse), créée en 1957, cherche à développer la plaine orientale par la maîtrise de l'eau. Son action, qui coïncide avec l'installation des rapatriés d'Afrique du Nord, aboutit à des résultats spectaculaires (3 000 ha sont bonifiés, 10 000 autres irrigués et 20 000 améliorés), même si la politique et les méthodes employées soulèvent des contestations. Avec le développement de l'irrigation et de la mécanisation, on assiste cependant à l'essor des cultures spéculatives : développement d'un vignoble de masse (qui a connu une crise profonde dans les années 1970), d'un verger surtout fondé sur les clémentiniers, et plus récemment sur l'actinidia (kiwis) et l'avocatier. Cependant, les cultures maraîchères restent limitées, et la rénovation de l'élevage de montagne est difficilement amorcée.
Isolée, la Corse a été tenue à l'écart de la révolution industrielle. En outre, le sous-sol insulaire ne recèle aucune ressource énergétique, et les quelques gisements de minerais métalliques sont médiocres. L'essentiel de l'énergie consommée sur l'île provient de produits pétroliers, utilisés directement ou transformés. L'industrie ne représente aujourd'hui que 10 % de la valeur ajoutée brute insulaire : celle-ci, fait unique en France métropolitaine, est dominée par le secteur du bâtiment et des travaux publics. Les activités agroalimentaires conservent un caractère artisanal (95 % des entreprises ont moins de dix salariés) et urbain (surtout à Bastia).
Le tertiaire, qui emploie plus des trois quarts de la population active, domine très largement. La beauté des paysages et la qualité du climat ont permis – assez tardivement – le développement d'un tourisme de masse. Ce secteur est devenu aujourd'hui, et de loin, la première source de revenus de l'île. Ce sont surtout des investisseurs privés du continent qui ont permis le développement des premières installations, le relais étant partiellement pris depuis la fin des années 1960 par l'initiative locale. Mais il s'agit principalement d'un tourisme estival et surtout concentré sur le littoral (golfe d'Ajaccio, Balagne, région de Porto-Vecchio), malgré la beauté des sites intérieurs, le climat de violence politique qui règne dans l'île ne favorisant guère l'expansion de ce secteur. La balance des échanges de marchandises avec l'extérieur est très déficitaire, ce que compensent, outre les recettes du tourisme, les transferts publics et privés en provenance du continent.
Sa situation dans la Méditerranée occidentale a toujours fait de la Corse un enjeu pour les puissances qui se disputaient la maîtrise de cette mer. Mais sa configuration montagneuse s'est opposée le plus souvent à une mise en valeur cohérente et durable.
Peuplée dès le VIIe millénaire, probablement par des Ibères et des Ligures, la Corse accueille la civilisation mégalithique (mégalithisme) au début du IIIe millénaire avant J.-C. Du XIVe au XIIe s. avant J.-C., elle est envahie par un des Peuples de la Mer, appelé Torréens en raison des forteresses (torre) qu'il érige sur son sol. Les Étrusques fondent Corte vers 900 avant J.-C., puis les Phéniciens installent des comptoirs. Ces derniers sont supplantés par les Phocéens (Phocée), Grecs d'Asie Mineure, qui fondent Alalia – aujourd'hui Aléria – vers 565 avant J.-C., quelques années après Marseille, et développent la côte orientale de l'île. Les Phocéens sont à leur tour chassés par les Carthaginois (Carthage), qui venaient de se rendre maîtres de la proche Sardaigne (vers 510 avant J.-C.). Trois cents ans plus tard, dans le cadre des guerres puniques, l'île est difficilement conquise par les Romains, qui ne parviennent à la pacifier totalement qu'en 102 avant J.-C. Commence alors une période de développement économique, culturel et religieux (introduction du christianisme) qui va durer jusqu'à l'effondrement de Rome. Vers 455, la Corse, comme la Sardaigne, est envahie par les Vandales, installés en Afrique du Nord, puis conquise par l'armée byzantine de Bélisaire sous l'empereur Justinien Ier (534). Les exactions de l'administration de Byzance amènent le pape Grégoire Ier le Grand (590-604) et ses successeurs à assurer une sorte de protectorat sur l'île. Cela ne suffit pas à éviter à la Corse les raids incessants des Sarrasins. Cette période troublée connaît des révoltes et voit la création d'une féodalité clanique. Confiée par la papauté à Pise en 1077, la Corse peut alors se relever et développe la culture de la vigne et de l'olivier, tout en construisant de nombreuses églises.
Elle est bientôt le théâtre d'une longue confrontation de près de trois siècles au cours de laquelle Gênes s'oppose d'abord à Pise, dont elle détruit la flotte en 1234 (bataille de la Meloria), puis aux rois d'Aragon, auxquels le pape Boniface VIII avait accordé la suzeraineté sur la Sardaigne et la Corse en 1297. Les trois puissances attisent les rivalités des seigneurs locaux avec notamment une opposition entre l'ouest (« l'Au-delà », allié à l'Aragon) et l'est (« l'En-deçà ») de l'île. L'En-deçà est le siège au XIVe s. d'un important mouvement populaire aboutissant dans le nord-est à la mise en place d'un régime démocratique et communautaire (la « Terre du commun ») qui demande et obtient le soutien de Gênes.
Si l'Aragon cède la place en 1434, Gênes n'en parvient pas pour autant à asseoir son autorité. En proie à de graves difficultés sur le continent, la République sous-traite l'administration de l'île à une société, la Maona, puis à la banque de Saint-Georges, qui elle-même cède ses droits au duc de Milan, lequel renonce au bout de quinze ans (1463-1478). La banque mène alors une lutte acharnée contre les seigneurs de l'Au-delà, qu'elle anéantit (1485-1505). De nombreux Corses émigrent, notamment en France.
Périodes de calme et rébellions se succèdent. Sampiero d'Ornano, qui a fondé un régiment corse en France sous François Ier, met à profit la guerre entre la France et le Saint Empire, chasse les Génois, alliés de l'empereur, avec l'aide des Français et de la flotte turque (1553). L'occupation française est brève, puisque les traités du Cateau-Cambrésis (1559) rendent la Corse à Gênes. Cette dernière, reprenant directement en main l'administration de l'île, lui donne un statut (Statuti civili e criminali, 1571) et la soumet à un sévère régime d'exploitation, qu'aggravent pour le peuple les famines et les épidémies. L'émigration s'amplifie. Une révolte éclate en 1729, d'abord populaire, puis reprise en main par les notables. Ceux-ci cherchent en vain des appuis à l'étranger, notamment en France, alors que Gênes bénéficie de l'appui militaire de l'empereur germanique. Après une pause (1732-1734), la rébellion reprend. L'indépendance est proclamée. Un riche aventurier d'origine allemande, le baron de Neuhof, se fait sacrer roi, puis, ayant épuisé ses ressources et ne recevant aucune aide extérieure, abandonne la partie après quelques mois (1636). Gênes se tourne vers la France, qui, à deux reprises, entre 1738 et 1752, envoie un corps expéditionnaire destiné à rétablir l'ordre.
En 1755, Pascal Paoli, fils de Hyacinthe Paoli, un des chefs rebelles de 1734, devient, à la demande des Corses, chef de la résistance. Il dote le pays d'une Constitution inspirée des Lumières et commence à mettre en place un véritable État. Incapable de redresser la situation, Gênes fait de nouveau appel à la France, puis finit par lui céder ses droits à titre provisoire, en garantie des dettes qu'elle a contractées (traité de Versailles, 1768). Pascal Paoli, qui avait entamé des négociations directes avec le duc de Choiseul, se sent floué et déclare la guerre à la France. Au terme d'une brève et dure campagne, il est battu à Ponte-Novo (8 mai 1769) et s'exile en Angleterre. Dotée d'états provinciaux et d'une cour de justice, la Corse envoie quatre députés à la Constituante, qui décrète l'île « partie intégrante de l'Empire français » le 30 novembre 1789, malgré les protestations de Gênes. Pascal Paoli, amnistié, rentre en Corse et devient président du Conseil général et commandant de la Garde nationale. Inquiet de l'orientation radicale que prend la Révolution, il se tourne vers l'Angleterre, qui occupe l'île en 1794, mais en est chassé deux ans plus tard par Bonaparte (Napoléon Ier). Le sort de la Corse est alors définitivement lié à celui de la France.
Administrativement, l'île est dès l'origine organisée selon le modèle général français, mais elle bénéficie de certains privilèges en matière douanière et fiscale (« arrêtés Miot »). À partir du milieu du XIXe s., elle traverse une grave crise économique qui accélère l'émigration vers la France et vers les colonies, seule possibilité d'ascension sociale offerte aux natifs. Le lent dépérissement de l'île, contre lequel le pouvoir central ne réagit guère, entraîne, vers la fin du siècle, une réaction identitaire en faveur de la sauvegarde de la langue corse et de l'enseignement de l'histoire locale dans les écoles. Les brassages et les sacrifices imposés par la Première Guerre mondiale renforcent cependant l'unité nationale. Ainsi, la propagande faite par le régime fasciste de Mussolini pour susciter un mouvement favorable au rattachement de la Corse à l'Italie ne trouve que peu d'écho dans l'île, qui, de même, reste fidèle à la France malgré la victoire allemande de juin 1940 à laquelle s'associe in extremis l'Italie. Occupée à partir de novembre 1942 par les troupes italiennes, puis allemandes, l'île se soulève dès l'annonce de la capitulation de Rome (septembre 1943). Soutenus par des forces françaises envoyées d'Alger par le général Henri Giraud, les patriotes corses, sous l'impulsion des communistes, permettent à la Corse de devenir le premier département français libéré (octobre 1943). De nombreux Corses participent ensuite au débarquement franco-américain de Provence.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, alors que la France continentale se reconstruit et se développe, la Corse reste à la traîne, malgré un plan d'investissements et la création de sociétés publiques de mise en valeur pour l'agriculture et pour le tourisme. La fin de la guerre d'Algérie s'accompagne d'un afflux de pieds-noirs dans l'île, à l'origine de sérieuses tensions, au moment même où les courants autonomistes et indépendantistes se renforcent, n'hésitant pas, pour certains, à recourir à l'action violente.
Très largement minoritaires, divisés sur les moyens et les objectifs, en proie à des querelles de personnes, ces mouvements (notamment le Front national de libération de la Corse, F.N.L.C., scindé en un « canal historique », radical, et un « canal habituel », plus modéré) n'en réussissent pas moins à radicaliser les débats sur l'avenir de l'île et à rendre inopérantes les solutions envisagées. À la violence des indépendantistes, qui s'amplifie à partir de l'affaire d'Aléria (en 1975, deux gendarmes sont tués par des militants nationalistes occupant une société vinicole), les gouvernements de la Ve République répondent par des solutions qui oscillent entre la répression et la recherche du dialogue. La décentralisation opérée par le gouvernement socialiste de Pierre Mauroy à partir de 1982 dote l'île d'une assemblée régionale disposant d'importants pouvoirs, encore renforcés par la « loi Joxe » du 13 mai 1991 ; la Corse devient désormais une collectivité territoriale à statut spécial. Mais les divisions des élus limitent la portée de la réforme et les attentats continuent, culminant avec l'assassinat du préfet Érignac (février 1998). L'incendie (avril 1999) par des gendarmes d'une « paillote » (restaurant de plage) illégalement construite près d'Ajaccio repose la question des moyens mis en œuvre pour garantir l'état de droit en Corse. Au début de l'année 2000, le gouvernement de Lionel Jospin ouvre une phase de discussion – processus de Matignon – avec l'ensemble des élus de la Corse, indépendantistes compris. Elle aboutit au vote, en janvier 2002, d'une loi qui, malgré une large censure du Conseil constitutionnel, accorde un peu plus d'autonomie à l'île. Mais elle n'a pas le soutien des nationalistes qui la considèrent comme une coquille vide, et les attentats reprennent. Le malaise corse est de nouveau patent : aux deux tours de l'élection présidentielle de 2002, les abstentions atteignent un record (41,38 et 32,18 %), et le vote en faveur de Jean-Marie Le Pen double par rapport à son niveau de 1995, dépassant sensiblement, avec 20,22 %, la moyenne nationale. Avec la défaite de Lionel Jospin, le processus de Matignon est définitivement stoppé : les nationalistes corses s'en retirent définitivement le 26 avril 2002. Après l'arrestation le 4 juillet 2003 d'Yvan Colonna – assassin présumé du préfet Claude Erignac –, la victoire du « non » au référendum local sur le projet d'évolution institutionnelle de la Corse (6 juillet) et l'annonce de lourdes peines prononcées contre les personnes accusées d'avoir participé à l'assassinat du préfet Erignac, la violence s'accroît sur l'île.
Le 28 mars 2004, en remportant 17,3 % des suffrages et 8 sièges sur 51 au second tour des élections à l'Assemblée de Corse, les nationalistes, rassemblés pour la première fois sur une liste unitaire, Unione naziunale, menée par le leader historique Edmond Simeoni et Jean-Guy Talamoni, arrivent en troisième position derrière les listes de droite (Rassembler pour la Corse) de Camille de Rocca Serra (25 % des voix) et de gauche (La Corse dans la République) d'Émile Zuccarelli (18,5 % ). Mais cette unité ne tarde pas à se lézarder. Après la fusion, en novembre 2004, de Corsica nazione et d'Indipendenza dans le mouvement indépendantiste Corsica nazione indipendente, vitrine légale du F.L.N.C.-Union des combattants, indépendantistes et autonomistes modérés (hostiles à la violence et partisans d'un dialogue avec l'État) se séparent pour fonder deux groupes distincts à l'Assemblée de Corse en février 2008 : Unione naziunale-Corsica nazione indipendente (3 conseillers dont J.-G. Talamoni) et Unione naziunale-Parti de la nation corse-A Chjama (5 élus dont E. Simeoni).
Les nationalistes se présentent ainsi en ordre dispersé aux élections municipales de mars 2008. Les autonomistes modérés progressent au premier tour à la différence des candidats indépendantistes. À Bastia, Gilles Simeoni, fils d'E. Simeoni (et l'un des avocats d'Y. Colonna) s'impose comme chef de file de l'opposition avec près de 16 % des suffrages au premier tour et 25 % au second, devançant largement la liste de J.-G. Talamoni qui est éliminé (avec 6,2 % des voix) et se plaçant en deuxième position derrière E. Zuccarelli. Ce dernier – qui avait été battu aux élections législatives de juin 2007 à la suite du report de voix nationalistes sur son adversaire U.M.P. – est réélu au second tour avec 56,8 % des suffrages.